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Orphan Black : Tatiana Maslany, l'amour du beau jeu


A chaque fois c'est la même chose, lorsque l'on me pose la question : "Quelle série tu me recommandes ?", il y en a toujours une qui se place tout en haut de ma liste, spécialement concoctée pour mon interlocuteur du jour : Orphan Black. Oui, si j'ai vibré devant Oz, vécu mes premiers chocs devant The Shield ou que je rigole à m'en étouffer devant It's Always Sunny in Philadelphia, c'est bien la création de Graeme Manson et John Fawcett qui me vient rapidement en tête. Une tête sur laquelle je ne suis absolument pas tombé, je vous rassure, puisque je suis également conscient qu'elle n'aura jamais le même impact émotionnel que Rectify, et que son écriture et sa mythologie ne seront jamais aussi jouissives et fascinantes que Breaking Bad.

Alors pourquoi la placer devant certaines séries considérées comme "cultes" ou "immanquables" ? Tout simplement pour une seule raison : Tatiana Maslany, qui n'est autre que l'actrice principale d'Orphan Black, récemment (et enfin) nommée à l'Emmy Award de la "meilleure actrice dans une série dramatique." En effet, à l'instar de Bryan Cranston dans la série d'AMC, la jeune femme porte la sienne sur ses épaules, la transportant - de par son talent, dans un tout autre univers.

Il faut dire que les scénaristes lui ont offert un rôle en or, puisqu'elle y interprète pas moins de 13 personnages (à la fin de la saison 3), plus ou moins importants/anecdotiques. Et si une telle responsabilité peut rapidement tourner au fiasco, l'interprète de Sarah, Cosima ou encore Rachel brille finalement à chacune de ses scènes. C'est simple, à moins d'être indifférent à la série, il est difficile de se souvenir qu'il s'agit de la même actrice à l'écran. Un comble quand on sait qu'elle y incarne pourtant des clones. Résultat, là où Bryan Cranston incarnait avec brio la descente aux enfers de Walter en nous dévoilant au fur et à mesure de la série une transformation physique angoissante et impressionnante, Tatiana Maslany se dévoile en virtuose de la métamorphose.

"I worked with dance a lot, for each character—different ways I could move my body, different music." T. Malsany (Interview Magazine)

Aidée par un remarquable travail de la part des maquilleurs, perruquiers ou costumières, et soutenue par des effets spéciaux réussis, sa performance ne cesse - personnellement - de m'émouvoir. La voir se glisser tour à tour et en une fraction de seconde d'Alison, une mère de famille coincée, à Helena, une Ukrainienne brisée, est un réel spectacle à lui tout seul. Ses changements d’accents, ses mimiques qui se réinventent, ses chorégraphies personnalisées... tout est calculé pour nous surprendre et rien n'est jamais laissé au hasard. Et le plus surprenant, c'est que même son regard évolue constamment. Tandis qu'une vieille expression s'amuse à conter que "les yeux sont le miroir de l'âme", ce que l'on peut lire et apercevoir dans les siens c'est la présence de toutes ses créations.

De la même façon que Lionel Messi subjugue la planète foot sur un terrain avec le ballon, elle dégage une sincérité déconcertante devant la caméra, rendant ses scènes faciles. Même lorsque le scénario qui l'accompagne flanche un peu, elle réussit à lui apporter un second souffle. Je ne suis probablement pas le mieux placé pour juger le jeu d'acteur, le mien étant particulièrement atroce (cf mes chroniques vidéos sur Youtube), mais c'est ce qui est la marque des plus grands, non ?

"What I really like about Tat is that I sense that she trusts what she's doing. She isn't fighting her work to get product that she's preordained as the right performance" Ari Millen (NYTimes)

Regarder Orphan Black, c'est s'assurer de prendre une petite leçon de comédie. Et c'est pour moi ce qui en fait tout son intérêt. Malgré une mythologie riche et entraînante, c'est bien la performance de Tatiana Maslany qui me fait cliquer sur play et qui m'excite à l'idée de regarder un nouvel épisode. Pour tout vous dire, cela faisait longtemps que je n'avais pas autant vibré pour une performance à l'écran. Si de nombreux autres comédiens sont évidemment impressionnants face caméra, ce que j'aime ici c'est qu'elle se renouvelle constamment, sans pour autant passer par une transformation physique radicale. Même si elle est aidée, comme je l'ai dit au-dessus, par un formidable travail artistique de la part de toute l'équipe, elle reste la même à l'écran. Ses personnages étant des clones, elle ne peut se permettre de jouer avec son corps en s'amaigrissant énormément ou en prenant du poids pour nous surprendre, à l'inverse de certains. Elle est ainsi contrainte de garder la même enveloppe et d'y apporter sa touche personnelle et son talent pour faire illusion. Un travail de titan, qui n'est évidemment pas toujours parfait, mais qui force mon admiration et me donne envie d'en voir toujours plus.

En un sens, le jeu de Tatiana Maslany est une aventure à lui tout seul. Et lorsque l'un de ses personnages se glisse dans la peau d'un autre de ses personnages, on comprend avec délice que le champ des possibles est sans limite ici, et que notre plaisir ne sera jamais déçu.

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